PS - je voulais revenir sur la notion d’évolution
La photographie ne s’arrête pas à la prise de vue - ce n’est qu’une partie du chemin - elle se poursuit avec le développement et l’on pourrait dire aussi qu’elle s’achève avec le tirage.
Mais qui de nos jours apprend à développer ses photos ?
Du temps de l’argentique, si l’on n’avait pas cette compétence (et les outils nécessaires) l’on donnait sa pellicule à un “artisan” photographe qui a peu à peu été remplacé par les laboratoires pour cette partie de la chaine.
Et je parle du grand public, pas des “photographes de profession ” qui avaient leur propre tireur comme Philippe Salaün Philippe Salaün : tireur humaniste | Le Journal du Village Saint-Martin et à qui certains doivent une part de leur talent
On pourrait donc penser que l’arrivée de la photo numérique et du développement sous la forme de logiciels de traitement d’images avait rebattu les cartes en rendant accessible au plus grand nombre la possibilité de s’approprier cette part de la pratique, mais c’est une illusion.
A la lecture de l’’article d’Aurélien Pierre https://photo.aurelienpierre.com/la-photo-est-une-debutocratie/ (article qui n’est malheureusement pas accessible en ce moment) l’on comprend mieux pourquoi la photographie n’est pas une simple “recettes de cuisine” et qu’il ne suffit pas d’appuyer sur le déclencheur de l’appareil ou pousser des curseurs dans un logiciel de développement pour obtenir le résultat escompté.
Ce qui a fait le succès des premiers appareils photos grand public était que l’utilisateur n’avait que de très peu de paramètres à régler (voir aucun - comme le slogan “clic clac kodak” ) . A l’identique, ce qui fait le succès des logiciels de développement commerciaux, consiste à vouloir rendre le plus facile possible des traitements complexes, apportant à l’utilisateur une gratification immédiate, mais en lui laissant croire que logiciel allait remplacer son manque de compétence. Donc rien de bien étonnant ni de nouveau en somme.
Mais ce que l’on peut qualifier de “ pauvreté intellectuelle de la démarche” des logiciels de développement grand public est arrivée à son apogée avec l’introduction de l’IA.
J’échangeais dernièrement avec un amateur qui me ventait les capacités de la suite Topaz en ces termes “ … ils ont de super résultats pour booster les photos sans détruire (ni inventer) le contenu, très fort”. Tout est dit !
Je ne nie pas que l’usage d’un logiciel de ce type puisse satisfaire les impératifs de productivité et de rentabilité qu’impose parfois une pratique professionnelle, mais pour tout à chacun et comme je l’avais déjà exprimé dans un autre fil de discussion il y a un ”danger” encore plus grand que celui de la perte de compétence, c’est celui de perte de sens.
Ce constat n’est pas autant négatif qu’il n’y parait - Le plaisir de jouer d’un instrument et de le partager est aussi difficile hier que maintenant et pourtant cela ne rend pas cette pratique inaccessible ni réservée à une élite.